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A la lin d'un mot: Groupes de deux voyelles dont l'une est i. Toutes les fois que i suit ou précède une des voyelles a, o, u et forme diphtongue avec elle, il est transcrit par n. Quand les huit groupes de voyelles que l'on vient d'énumérer ne forment pas diphtongue chaque voyelle appartenant à une syllabe distincte , i est transcrit par un seul i et est séparé de l'autre voyelle par un N. Il convient toutefois de ranger à part le groupe ta.

A la fin d'un mot, ia ne formant pas diphtongue est transcrit par HNi. Dans le corps d'un mot, la ne formant pas diphtongue est transcrit par JO. Pour que l'on puisse mieux saisir l'application des règles précédentes, je reproduis ici les premières lignes de la Genèse d'après la Bible judéo-espa- gnole imprimée à Constantinople en ', et un article du journal El Telcgrafo, en date du 23 janvier Il ne sera pas sans intérêt de copier ici les premières lignes de la Bible de Ferrare: En Priçipio crio el Dio: Y la tierra era vana y vazia, y escuridad, sobre faces del abysmo: Y dixo el Dio, sea luz: Y vido el Dio, à la luz, que buena: Y llamô el Dio à la luz, dia ; y à la escuridad, llamô noche: X2X abandonarlo, nuestros periodistas -'".

Alors même que nous nous renfermerions dans les limites un peu étroites d'une étude strictement littéraire, Jovellanos forme, avec Meléndez, Quintana et Moratin, un groupe d'écrivains qui permet d'étudier à différents points de vue ia transition entre les deux époques.

Je dis un groupe, et non une école, car il y a des diffé- rences très sensibles, non seulement dans leur talent, mais encore dans leurs principes littéraires. Cependant ils ont tous ceci de commun, c'est qu'ils essaient, avec plus ou moins de décision et de succès, d'introduire dans les anciennes formes littéraires des idées modernes, et d'unir aux inspirations traditionnelles l'esprit nouveau, dont la France avait été la principale introduc- trice en Espagne.

Cet article a été rédigé d'après des notes d'un cours professé à la l'acuité des Lettres de Toulouse. Il termina, par des études de droit à l'Université d'Alcalâ, son éducation commencée ou poursuivie à Gijôn, à Oviédo et à Avila. Après quelques velléités d'entrer dans la carrière ecclésias- tique, dont on le détourna sans beaucoup de peine, il fut nommé alcalde de la Sala del crimen à l'Audience de Séville.

L'unique recommandation que fit le ministre d'Aranda au jeune magistrat, lorsque ce dernier vint prendre congé de lui, paraît singulière, mais elle cache plus de sens qu'elle n'en a l'air tout d'abord: Francisco Silvela 2 assure que c'est depuis lors que les magis- trats espagnols ne portent plus perruque. Tfakalde de crimen, Jovellanos devint bientôt oidor. Nous le voyons à cette époque très mêlé à la société dont le célèbre Pablo de Olavide était rame.

Francia-F: París de Lazcano no pudo cortar la mala racha ante Beziers – Somos Vóley

Dans ce milieu, si favorable aux idées réformatrices et aux innovations de toute sorte, Jovellanos s'occupe avec une égale ardeur des choses les plus diverses, mais surtout d'économie poli- tique et de poésie. En même temps qu'il étudie la culture de 1. Ceân Bermûdez, Mémoires de Jovellanos, Silvela, Jovellanos, conferencias del Ateneo, t. II , p. Ces années de Madrid sont parmi les plus fécondes de sa vie: Jovellanos partagea, en , la disgrâce de son pro- tecteur Cabarrus.

Exilé à Gijôn, sous prétexte d'un rapport à faire sur des mines de charbon, il s'acquitte de sa mission, orga- nise Y Institut royal Aslurien , rédige des mémoires sur Y ouverture de la route de Léon a Oviédo ou Sur la police et l'origine des spectacles publics en Espagne.

Au début du règne de Charles IV , le Prince de la Paix, sur les sollicitations de Cabarrus, nomma Jovellanos ministre de la Justice, mais il ne réussit pas à faire du trop per- spicace homme d'Etat un partisan aveugle de sa politique. Il ne lui pardonna pas son manque d'enthousiasme, ni même, paraît-il, son manque de complaisance pour des amours royales 1. Exilé de nouveau, Jovellanos fut emprisonné le 13 mars iSor, conduit à Majorque et emprisonné successivement dans la Chartreuse de 1.

Il n'y resta pas inactif: Il n'en sortit que le 22 mai , pour rentrer en Espagne au moment où les événements les plus dramatiques s'y déroulaient. Murât, Sébastiani, Napoléon lui- même lui firent les avances et les offres les plus séduisantes, estimant sans doute que le libéralisme de ses idées aussi bien que le ressentiment des persécutions subies le désignaient comme l'un des soutiens de la dynastie nouvelle imposée à l'Espagne. Jovellanos n'eut pas un moment d'hésitation.

Le choix que firent de Jovellanos ses compatriotes des Asturies pour les représenter, en septembre , à la Junte suprême de gouvernement, fut une juste récompense de la netteté de son attitude. A la Junte centrale aussi bien qu'aux Cortes, il se signala par la fermeté et par la modération de ses opinions aussi éloi- gnées de l'absolutisme des uns que des exagérations révolution- naires des autres. On sait quel sort attendait les membres de la Junte: Comme il regagnait les Asturies par mer, Jovellanos fit naufrage à Muros de Noya, près de la Corogne.

Il y reste un an, non sans être vivement inquiété par les émissaires du gouvernement. Ce fut pendant cette retraite forcée qu'il écrivit son éloquent Mémoire en défense de la Junte centrale, si précieux pour sa biographie. A peine était-il de retour à Gijôn, en juillet 1, que les troupes françaises enva- hissaient de nouveau les Asturies. Jovellanos s'efforça de réveiller 38 E.

Empunadlas con nuevo vigor, Que otra vez el tirano de Europa El solar de Pelayo insultô. Mais les temps de Tyrtée étaient passés: Jovellanos reprit donc préci- pitamment la mer, mais sa barque naufragea à Vega, et ce fut là que mourut, le 27 novembre 1, celui que l'on devait appeler bientôt le Père de la Patrie. Quelque rapide qu'il soit, le résumé de cette vie si bien remplie suffit à montrer qu'il y eut tout à la fois en Jovellanos un homme d'Etat, un économiste, un écrivain, et c'est en effet à ce triple point de vue qu'il mérite d'être étudié.

Le politique, l'écono- miste paraissent nous échapper et rester en dehors de notre sujet, mais tout se tient si bien dans cet esprit sagement équilibré, qu'il semble que l'écrivain n'existerait plus s'il n'était inspiré, soutenu sans cesse par son idéal politique et social. Ce serait donc le rabaisser, le découronner, en quelque sorte, que de ne voir en lui que l'artiste.

Mais avant de le suivre dans l'exposition de ses idées politiques ou économiques, essayons de dire quelle fut la marque distinc tive et caractéristique de son esprit. Que l'on considère ses idées ou ses actes, on s'aperçoit bientôt qu'il tend toujours vers le vrai, le juste, le pratique, et que pour lui vérité, justice, utilité ne sont que les trois faces d'une même chose. Son but, vers lequel il marche avec l'enthousiasme confiant de la plupart de ses contem- porains, c'est le bonheur de l'individu, de la nation, de l'huma- nité, trois termes qui ne s'opposent point les uns aux autres, mais qui marquent les trois étapes d'une évolution fatale.

Ht pour réaliser un jour ce bonheur définitif, la vraie méthode, c'est l'observation scientifique des faits moraux, historiques et sociaux. Ainsi me paraît pouvoir se résumer la philo- sophie sociale de Jovellanos, mais je dois dire que nulle part il ne l'a formulée en termes exprès: Il est avant tout estadista. Au lieu de partir de principes abstraits pour aboutir à des conclusions qui, malgré la rigueur logique des déductions, se trouveront peut- être en contradiction avec la réalité des faits , c'est au contraire des faits particuliers qu'il s'élèvera jusqu'à la constatation d'une vérité sociale ou d'une loi économique.

Il est de la même famille d'esprits que Montesquieu, bien plus que de celle de J. Rous- seau. Si son nom est moins illustre que celui de l'auteur de: Y Esprit des Lois, c'est qu'il s'appliqua plutôt à faire passer dans la pratique les réformes suggérées par l'observation qu'à réunir en un majestueux ensemble les faits que son expérience ou celle d'autrui lui fournissaient.

Mais ce qui paraît, dans l'histoire des idées en Espagne, plus nouveau encore que la méthode, c'est l'esprit qui inspire cette philosophie sociale de Jovellanos. Bien des moralistes avant lui, depuis Ferndndez de Navarrete , avaient essayé de déduire de l'observation des faits les principes de la science sociale; ce qui est particulier, si je ne me trompe, c'est que ce patricien, non plus par élan de générosité, ni par charité chrétienne, ni par quelque réminiscence de philosophie stoïcienne, mais par une conviction fondée sur les données de l'histoire et de la philo- sophie, oriente résolument sa politique dans une direction nouvelle: III, des Hcterodoxos de M.

Menéndez Pelayo.

MEXIQUE | ISLAS HOLBOX, MUJERES ou COZUMEL?

MERIMEE désormais d'autres différences, selon lui, que celles justifiées par la diversité des mérites , ou consacrées par l'intérêt histo- riquement reconnu de la communauté. Voilà qui commence à bien marquer l'originalité propre a Jovellanos. Je sais bien qu'à mesure que l'on pénètre plus avant dans l'his- toire un peu confuse de la société espagnole au xvm e siècle, cette originalité de Jovellanos paraît moins grande.

Beaucoup d'esprits, amis du progrès ou simplement aventureux, avaient, sous la double influence des encyclopédistes et des économistes anglais, propagé en Espagne ces idées nouvelles, essayé même des réformes pratiques. On retrouverait assez facilement les principales idées de notre auteur chez Campomanes, Penaflorida, Olavide, Cabarrus et quelques autres. Mais Jovellanos me paraît avoir apporté, dans l'exposition de ces nouveautés, plus de mesure, plus de désinté- ressement et plus de précision, de telle sorte que l'opinion, qui ne juge qu'à distance et en gros, lui en fait volontiers honneur.

Il dut naissance à l'un de ces événements qui font époque dans la vie d'un peuple. Après la disparition tragique de l'ancienne monarchie qui, en face de l'envahisseur, laissait l'Espagne sans gouvernement, sans direction, il fallait refaire l'édifice, ou du moins approprier les éléments encore utiles de ce dernier à ce qu'on allait mettre à sa place. Jovellanos prit une part des plus actives aux tra- vaux de la Junte centrale, et il est facile de marquer dans quel sens s'exerça son influence, soit par les procès-verbaux des déli- bérations, soit, plus commodément, en lisant le Mémorial, qu'il rédigea, de juillet à septembre , dans les rares moments de tranquillité que lui laissèrent la guerre ou les persécutions de ses ennemis.

Le gouvernement qu'il eût voulu donner à ses concitoyens ne diffère pas beaucoup, au fond, de la monarchie constitutionnelle et représentative, telle à peu près qu'elle existait en Angleterre, avec séparation très nette des trois pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, et garanties constitutionnelles, destinées à éviter les conflits et à assurer l'indépendance à chacun de ces pouvoirs, dans sa sphère d'action.

Parmi ces garanties, Jovellanos comptait un corps intermédiaire, ou Sénat, et la responsabilité ministé- rielle. Cette conception de l'Etat moderne n'était certes pas une nouveauté, mais jamais elle n'avait été formulée en Espagne avec autant de netteté. On sait quel avenir lui était réservé. Il est permis de conclure des lamentables événements qui déchirèrent la péninsule pendant la période suivante, qu'elle heurtait encore trop violemment les traditions et les habitudes pour qu'elle pût passer, sans secousses, du domaine spéculatif dans la réalité.

Il semble que Jovellanos en ait eu le pressentiment. Mieux avisé que beaucoup de ses concitoyens , — parce qu'il voyait plus loin, — il ne prétendit point réaliser sans retard ni tempérament tout ce que lui dictait la raison, et c'est peut-être ce qu'il y a de plus admirable dans son action politique. Il pensait, à peu près comme M. Taine, que cet organisme infiniment compliqué et délicat qu'on nomme la constitution ou le régime politique , produit, par son développement normal à travers les siècles, une certaine manière d'être qui devient la vie propre de la nation, et que si, par suite d'excès ou d'infidélités à la loi fondamentale de son existence, cet organisme dépérit, ce n'est pas en lui infu- sant brutalement une sève étrangère, un sang emprunté, qu'on lui rendra la santé, mais en éliminant, par une hygiène attentive, les éléments morbides qui s'y sont introduits, et en te ramenant à sa pureté originelle.

Il ne faut pas détruire, répète-t-il sans cesse, il faut guérir, améliorer, et le remède est dans l'étude de la constitution du corps malade. Cette manière de voir explique la répulsion, l'antipathie de Jovellanos pour les constructions à priori , à la manière de Rousseau, antipathie qui se manifeste, par exemple, à propos du prétendu contrat social, ou des droits préhistoriques du citoyen, ou même de la maxime que tous naissent libres et égaux.

De là encore, dans l'ordre des faits historiques, sa sévérité contre la Révolution française. La façon dont il en parle parfois l'a fait juger sévèrement par certains critiques; elle étonne en effet chez un esprit si capable d'en comprendre l'idée généreuse, chez un homme d'Etat qui, en somme, aboutissait sur bien des points à des conclusions analogues. Ce sont ses excès, il est vrai, plus que ses principes, qui excitent son indignation. De là enfin ses efforts pour concilier le passé historique de la nation avec les exigences de la civilisation moderne, et pour établir, entre le droit d'autrefois et celui d'aujourd'hui, une suite ininterrompue, gage et condition du développement pacifique de ses destinées.

Ce sage mais difficile tempérament entre la révolu- tion et la tradition constitue la véritable originalité du rôle poli- tique de Jovellanos: C'est qu'à ne tenir compte ni des dates ni des circonstances, ses opi- nions paraissent parfois inconsistantes, voire même contradic- toires. Le jeune magistrat de Séville, séduit par les nouveautés philosophiques et économiques à la mode au four de lui, ne parlait ni ne pensait comme le prisonnier de Majorque ou le constituant de Cadix.

L'expérience, la réflexion calmèrent l'en- thousiasme trop prompt de la jeunesse, mais elles n'enlevèrent jamais à l'homme mûr cette passion généreuse pour la liberté, pour la justice sociale, cette foi dans les progrès de l'humanité, qui étaient le fond de son caractère. C'est pourquoi les prétentions des uns et des autres, de M. Nocedal ou de M. Azcarate, ne me semblent fondées qu'en partie: Jovellanos n'appartient exclusive- ment ni au parti de la tradition ni au parti de la révolution, parce que ce sage, ce modéré, a cru de bonne foi à une concilia- tion possible entre ces deux choses peut-être inconciliables.

Tel est, dans ce qu'il a d'essentiel, le principe sur lequel repo- sent toutes les conceptions politiques de Jovellanos. Il ne peut être question ici d'en suivre le développement dans le détail, ni d'énumérer les solutions qu'il a données aux nombreux problèmes de la politique pratique. Je n'ajouterai que deux remarques sur ce point. La première, c'est que par tournure d'esprit, peut- être aussi par suite des habitudes contractées dans sa vie de magistrat et de ministre, Jovellanos s'attarde peu dans le domaine de l'abstraction: En second lieu, sa méthode à la fois historique et critique, qui dans les faits s'efforce de saisir la loi, constituait une nouveauté et un progrès dans la science politique espagnole; elle rattache Jovellanos à notre siècle.

Cependant, tout en accordant leur importance aux faits historiques, tout en fondant sur eux la légitimité des institutions nationales, il est trop de son siècle pour aboutir à une sorte d'indifférence éclec- tique ou de scepticisme, sans principes comme sans idéal.


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Soit 44 E. MERIMEE qu'il ait subi l'influence des doctrines de Condillac et de Condor- cet, soit que sa confiance dans l'efficacité de la science écono- mique, alors dans toute la fraîcheur de la jeunesse en Espagne, suffise à expliquer son enthousiasme, ses illusions, il estime que c'est le bonheur des individus et des nations que les Constitutions ont pour but d'assurer, et qu'en se rapprochant de plus en plus de cet idéal, elles amèneront un jour sur la terre pacifiée le règne de la vertu, et avec la vertu, la félicité universelle.

On peut voir l'expression naïve de cet espoir dans YEpître à Inarco Moratin: Mais il viendra, ce jour, il viendra, Inarco, pour éclairer le monde et pour consoler les chagrins des mortels. Alors ce nom fatal de propriété, ce nom détesté sera oublié. Mot infâme et funeste De magistrats néant, de lois, pas davantage! Tout le malheur disparaissait, comme balayé par un grand coup de soleil, et, sous un éblouissement de féerie, la justice descendait du ciel.

Une société nouvelle poussait en un jour, ainsi que dans les songes une ville immense d'une splendeur de mirage, où chaque citoyen vivait de sa tâche et prenait sa part des joies communes.. Si toutefois nous nous replaçons en imagination dans le temps et dans le milieu où elles furent écrites, peut-être nous laisserons- nous toucher par cette philanthropie , dont l'expression a pu vieillir, mais qui n'est point un simple artifice de rhétorique: Songeons que c'était au bruit du canon, dans des gîtes de hasard, au fond d'un pays envahi, dévasté, asservi, que l'auteur écrivait ainsi.

Cette vaste sympathie pour la misère universelle, ce cosmopolitisme généreux, si étran- ger jusque-là aux préoccupations des penseurs espagnols, ne devait pas, ce me semble, être oublié dans une étude sur Jovel- lanos: Leur politique, du moins, tant extérieure qu'intérieure, paraît une application constante de cette pensée. Ce n'était point celle de Jovellanos. Il estimait, au contraire, que le rôle du gouvernement était d'abord d'assurer, dans la mesure du possible, la félicité de la nation sur cette terre, de s'occuper de ses intérêts matériels, du développement de sa richesse commerciale, indus- 46 E.

Par ses travaux et par ses écrits, il a fait autant, pour pousser l'Espagne dans cette voie, si nouvelle pour elle, que les Aranda, les Olavide, les Floridablanca , les Cabarrus. Ce poète, cet auteur dramatique, cet artiste a par dessus tout le sens du réel, du pratique, du positif: On le croit occupé à rimer des endechas ou des bouquets à Chloris: Il fera mieux.

Comme Olavide avec ses colonies agricoles ou Penaflorida avec ses sociétés d'Amis du pays et son Ecole patriotique de Vergara, bravement, à ses risques et périls, il donnera l'exemple de l'initiative privée et fondera, à Gijôn, YInstitut Asturien, sorte d'école pratique et professionnelle d'où sortiront des ingénieurs et des officiers de marine. Le but qu'il se propose par cette création originale, il l'a exposé souvent lui-même: Quidverum, quitl sit utile: Ses mémoires sur différents points d'économie politique sont très nombreux: Je ne saurais dire à quelle école se rattache exacte- ment Jovellanos, ni même s'il se rattache à aucune des sectes françaises ou anglaises qui se disputaient alors la prépondérance.

Ce qui importe ici, ce me semble, c'est moins la valeur philosophique que la portée pratique de ses réformes. Or il est manifeste que les tentatives de Jovellanos, si elles n'eussent pas été si malheureusement entravées par les évé- nements, étaient de nature à modifier la situation de l'Espagne et à lui faire prendre rang parmi les nations qui se disputent la suprématie commerciale ou industrielle.

Cette gloire en vaut une autre. Et pour montrer avec quelque précision combien Jovella- nos a de titres à cette gloire, pour prouver aussi que tout en se méfiant des généralisations ambitieuses, il prétendait appuyer ses plans de réformes sur le fondement de la vérité et de la justice, on me permettra de prendre quelques exemples, entre beaucoup d'autres.

J'emprunte le premier au célèbre Rapport sur la Loi agraire Informe sobre la Ley agraria. L'auteur se proposait d'y présenter au roi Charles III quelques observations sur la Constitution ou Code de l'agriculture, que ce monarque réformateur voulait édicter. Ce Rapport, qui est peut-être le principal titre d'honneur de l'homme d'Etat, rappelle à la fois les mémoires de Turgot et il serait instructif de pousser plus à fond ce rapprochement , les cahiers généraux de notre Tiers-Etat et la Déclaration des Droits de l'homme.

C'est en réalité , sous des apparences modestes et une forme précise, la Charte constitutionnelle d'un régime nou- veau. L'auteur énumère dans trois chapitres les obstacles poli- 48 E. MÉRIMÉE tiques ou légaux, les obstacles moraux, enfin les obstacles phy- siques ou matériels que rencontre le développement de l'agri- culture en Espagne. Les obstacles politiques et civils que les lois ou les coutumes lui opposent ce sont: Jovellanos traite ce point capital avec autant de dexté- rité que de fermeté. Non, la propriété est sacrée, alors même que cette propriété ne résulte que d'un contrat qui peut être considéré comme caduc, l'une des parties ne remplissant plus les conditions du contrat.

Mais le principe est tellement nécessaire, qu'il ne faut rien faire qui puisse l'affaiblir. Jovellanos compte sur les dispositions législatives nouvelles et sur les privi- légiés eux-mêmes, qui comprendront sans doute leurs véritables intérêts. Nous sommes loin, on le voit, de Ylipilrc à Inarco. Le commerce intérieur des grains et autres produits du sol doit être libre. Les désa- vantages de l'échelle mobile sont exposés avec précision ; il faut prohiber l'exportation et permettre l'importation sous conditions.

Un dernier obstacle que l'agriculture rencontre dans les lois, — et l'un des plus graves assurément , — c'est l'inégalité de l'impôt. Cette inégalité est un mal et une injustice. Il faut, en premier lieu, que tous les citoyens, sans aucune exception, contribuent aux charges publiques, ainsi que le proclamaient déjà les Lois Alphonsines et les Cortes de Guada- lajara, et comme le veulent l'équité et la raison.

Puisqu'il s'agit en effet du bien général, aucune classe, aucun citoyen ne peut, sans injustice, s'exempter de ce devoir. Il faut, en second lieu, que tous contribuent proportionnellement à leurs ressources, car l'on ne peut réclamer autant du pauvre que du riche. D'ailleurs si ces bienfaits que l'Etat assure s'appliquent à toutes les classes de la société, il est clair que ceux-là surtout pourront en jouir qui ont plus de fortune, et que conséquemment ils doivent con- tribuer proportionnellement à cette fortune.

Alors même que la Revue hispanique. MERIMEE nation ne devrait pas ce bienfait à tous ses membres, bienfait par où se manifeste surtout sa protection et sa sollicitude, elle se le devrait à elle-même, car c'est le moyen le plus simple d'augmenter sa puissance et sa gloire. Eh quoi! Il pro- pose un ensemble de mesures pratiques pour remédier à ces maux et termine en étudiant les ressources budgétaires qui doivent faire face aux dépenses.

Il recommande rétablissement — avec comptabilité distincte — d'un budget général ou national, d'un budget provincial et d'un budget municipal. Tel est, dans ses lignes générales, ce célèbre Rapport, dont l'importance saute aux yeux, et dont les conclusions dépassaient singulièrement ce qu'on en pouvait attendre. C'était une belle préface à la Constitution de Cadiz.

Linguet s'est moqué quelque part de ce beau zèle des réformateurs: Si elle s'imagine que ses manufactures vont renaître parce qu'une brave fille, dirigée par un économiste enthousiaste, au lieu de l'être par son confesseur, file, en un an, deux ou trois livres dé- plus que sa voisine, elle ne se trompe pas moins. Le temps que l'on donne à la théorie est perdu pour la pratique. Ses écrits relatifs à l'instruction , les plans, les règlements concernant les trois ordres d'enseignement fourniraient ample matière à une étude qui mettrait en lumière cette curieuse Hgure de pédagogue homme d'Etat.

On peut avancer que personne en Espagne, ni Campomanes, ni Olavide, ni Roda, n'avait montré à un tel degré un tel souci de l'instruction publique et que nul éducateur, jusqu'à Pablo Montesino, n'a eu sur ce sujet des idées plus nettes et plus fécondes. C'est ce que l'on montre- rait suffisamment en résumant, parmi tant d'autres écrits, les quatre suivants: Ce souci de l'instruction des classes moyennes et populaires est l'un des indices de la formation d'une société nouvelle. A vrai dire, presque tout était à faire en Espagne à ce point de vue: En dépit de quelques tentatives de réformes, telles que celles qui révolutionnèrent un moment Salamanque, les grandes universités étaient immobilisées dans des programmes et des méthodes qui dataient de plusieurs siècles.

Les témoignages de Torres Villaroel et d'Olavide, ou, si ces derniers inspirent quelque défiance, ceux d'hommes modérés tels que Pérez Bayer, sont ins- tructifs sur ce point. Il n'y avait, en matière d'enseignement secondaire ou primaire, aucune suite, aucune unité de vues, aucune coordination. Ce fut sur ces deux derniers points que 52 E. Il part de ce principe, qui, depuis le suffrage universel, semble évident, à savoir que l'instruction de l'individu est une nécessité sociale, et que conséquemment c'est le devoir de l'Etat d'assurer cette instruction, dans la mesure qui convient aux intérêts et au salut communs.

L'Etat doit donc multiplier les écoles populaires où Ton enseignera la lecture, l'écriture, le calcul, les éléments de la religion. On apportera un soin particulier à l'éducation physique en instituant des exercices de gymnastique et des exer- cices militaires. Et comme ce devoir est le même pour tous, tous indistinctement seront soumis à ces exer- cices.

On fondera dans ce but des écoles de tir, comme en Suisse. L'enseignement moral et civique doit surtout être confié au père de famille, mais il sera bon de rédiger des Manuels pour préciser ces notions, qui restent vagues dans l'esprit populaire: Jovellanos propose d'y consa- crer un jour par semaine, le dimanche, et naturellement de le confier au prêtre. En même temps que les écoles de garçons , l'Etat multipliera les écoles de filles, distinctes et également gra- tuites.

De même il établira, au dessus de ces dernières, des collèges où l'on recevra, moyennant finances, une instruction plus com- plète. On remarquera que sur la double question de l'obligation et de la gratuité, Jovellanos, pour son propre compte, n'hésite pas: Tune et l'autre conclusion découlent naturellement de son principe. Jovellanos n'ose le suivre jusque-là: D'ailleurs il a conscience de la grandeur de la tâche entreprise, et l'on n'est point surpris de trouver, au milieu de ses plans et de ses règle- ments, des appels émus au dévouement des éducateurs du peuple: Réfléchissez que l'instruction élémentaire, c'est la clef de toute instruction, et que les progrès de tous les autres ensei- gnements dépendent delà façon dont celui-là est organisé.

Songez que c'est celui-là seul que pourra recevoir la grande masse de vos compatriotes. Appelés par leur condition à travailler dès la jeu- nesse, leur temps sera consacré au labeur et non à l'étude. Réflé- chissez surtout que sans cela la majeure partie de cette foule restera éternellement vouée à l'ignorance et à la misère, car dans un pays où la propriété publique et commune est à peine connue, où la propriété individuelle est accumulée dans quelques mains et répartie en vastes domaines que leurs propriétaires exploitent à leurs risques et périls, à quoi peut aspirer un peuple sans édu- cation, si ce n'est à la condition servile et précaire de journalier?

Eclairez-le donc, apprenez-lui les connaissances indispensables, donnez-lui l'instruction dont il a besoin: Ouvrez-lui la porte des carrières industrielles, mettez-le sur le chemin de la vertu et du bien-être. Instruisez-le, et pour lui avoir ainsi donné le droit d'être heureux, vous aurez assuré votre gloire et celle de votre patrie! Pour parler sans métaphore, ce que Jovellanos recommande surtout, ce qu'il a même créé avec ses seules ressources, c'est un type absolument nouveau de collège secondaire, qui fait songer à notre enseignement spécial ou moderne.

On y apprendra les sciences, si dédaignées dans les vieilles uni- versités, la langue castillane, dont l'étude scientifique n'était pas moins négligée a-t-on fait sur ce point beaucoup de progrès depuis Jovellanos? Notre temps n'a pas tout inventé: Il tient pour la substitution des langues et des littératures modernes aux langues anciennes. Feijôo avait déjà proposé de remplacer l'étude du grec par celle du français. Jovellanos est plus radical, et je ne sais si, depuis, les partisans des humanités modernes ont trouvé beaucoup d'arguments nouveaux.

Les langues vivantes, que l'on pouvait mépriser dans leur enfance et dans leur période de formation, sont éman- cipées aujourd'hui. Elles ont fait leurs preuves, elles sont éduca- trices autant que les anciennes et suggestives comme elles D'ailleurs il faut se résigner à faire un choix: L'étude des langues vivantes est plus utile et plus nécessaire: Non, répond Jovellanos, mais ni les limites assez étroites où il les confine, ni les raisons d'utilité professionnelle qu'il fait valoir en leur faveur, ne satisferaient, j'en ai peur, les défenseurs de l'ancienne culture classique.

Passeio Jeep Entre Rios 06/04/2012

Dans tous les cas, il faut commencer par réformer les études antiques elles-mêmes. Mais il est raisonnable, il est nécessaire de donner cet enseignement en espagnol et non plus en latin. L'italien, le français, l'anglais, ces deux der- nières langues surtout, s'imposaient.

Il serait intéressant — si nous pouvions nous arrêter aux détails de son plan d'études — de discuter les raisons par lesquelles Jovellanos établit l'utilité relative de chacune de ces langues pour ses compatriotes, raisons tirées des services variés qu'elles pouvaient rendre comme de leur plus ou moins de rapport avec la manière de penser natio- nale.

On ne saurait nier sur ce point la compétence de l'auteur: Quant à l'enseignement de la philosophie, il le réduit beaucoup et le découronne, en le bornant à la logique MÉRIMÉE no esta lôgica escolâstica y abstracta de nuestras universidades , et à la morale, efficace protection des principes fondamentaux de la Société: Que de points intéressants il traite en passant, sur lesquels il présente une solution pratique, la surcharge, l'imité des livres et des manuels, les examens de passage, les examens de sortie, etc.

Parmi ces questions il en est une sur laquelle ses opinions se rapprochent singulièrement de celles des meilleurs pédagogues modernes: Il est absolument opposé au régime de l'internat, pour des raisons qui étaient déjà les mêmes à son époque qu'à la nôtre. Cependant les internats, ou les séminaires, comme il les appelle, sont nécessaires pour certaines catégories d'étudiants dont la famille est éloignée. Jovellanos recommande donc le développement des pensions de famille, pupilajes, et il n'avait point besoin, sur ce point, de demander des modèles à l'Angleterre universitaire: Ce plan, si complet, d'enseignement public, se termine par cette déclaration, bien digne de l'auteur: Mais notre étude demeurerait incomplète, si nous passions sous silence les mérites de l'écrivain.

Par un contraste qui n'est pas rare, — et qui paraîtra plus frappant encore lorsqu'on étudiera Quintana, -- cet esprit, si libre ailleurs, nous paraît timide, arriéré, en matière de théories littéraires. N'a-t-on pas fait la même remarque à propos de Voltaire? En ce qui concerne Jovellanos, j'ai hâte d'ajouter d'abord que ce respect trop scrupuleux de la tradition classique s'attache beaucoup plus à la forme extérieure mythologie, phraséologie de convention, périphrases, etc. La première période, celle de la jeunesse, peut être négligée, sans préjudice pour sa gloire.

Elle comprend des poésies lyriques, des pastorales surtout, claires mais froides et d'une fadeur aujourd'hui insupportable. C'est chez Meléndez qu'il faudra étudier cette société de bergers poètes, ainsi que leurs bergères. Ces bucoliques, très à la mode alors, semblent plus puériles encore sous la plume du grave Jovino. Mais, à l'approche de la Révolution, l'Europe semble une vaste Arcadie où flûtes et pipeaux se mêlent au lointain roulement du tonnerre. De temps à autre, quelques-uns de ces bergers s'inter- rompaient inquiets, et semblaient dire, comme dans la chanson: Voici venir l'orage, Voici l'éclair qui luit!

Jovellanos était un de ces derniers, et le ridicule de cette poésie inopportune ne lui échappait point. Que en vano de mi pecho, penetrado Del forense rumor y conmovido Al llanto del opreso, de la viuda Y huérfano inocente, presumiera 58 E. Elle est scrupuleusement construite sur le modèle clas- sique, ou, pour parler plus exactement, sur le patron taillé par Racine et revu par Voltaire. Jovellanos, qui se moque volontiers de LaHuerta 1 , tient, comme lui, pour le théâtre, ou, du moins, pour les sujets nationaux.

S'il blâme les classiques espagnols dans son opuscule sur les Divertissements publics, ce n'est point précisément qu'ils soient trop espagnols: Il faudrait, certes, beaucoup d'indulgence pour ranger le Pclayo parmi ces derniers.

Il n'est point difficile assurément d'y signaler quelques situations dramatiques, d'en extraire quelques beaux vers, ceux-ci, par exemple, que les Espagnols asservis pouvaient répéter pour leur propre compte: Memoria sobre los Espcctâados Toute porte nous est fermée; plus d'autre ressource. Il n'en est plus qu'une: Es el ûltimo instante del peligro ; Ya nos vemos en él ; esta cerrada La puerta â otros recursos.

Uno solo Nos queda, el de lidiar por nuestra patria, Comprando con el resto de las vidas La muerte ô la Victoria Les personnages sont de pures abstractions, des types dessinés sur un modèle de convention. Ils n'ont pas plus de personnalité que le milieu où ils se meuvent n'a de couleur locale. Et cependant Covadonga et les montagnes des Asturies formaient un décor capable de tenter le poète, mais ce dernier avait plus de raison que d'imagi- nation et de fantaisie.

Le réformateur, qui avait pris pour devise: Aussi se sent-il bientôt attiré vers les Jeux genres qui ont le plus de rapports avec la réalité et l'action, la poésie didactique et le drame à thèse. C'est là que sont ses titres littéraires les plus sérieux. Ses satires, qui sont au nombre d'une dizaine, sont particulièrement intéressantes, par leur mérite propre et par les renseignements qu'elles fournissent sur la 1. En littérature, tout au moins, car il juge plus librement des beaux-arts. L de la Bibl. Elles me semblent d'autant meilleures que le sujet en est plus précis et moins général.

Voyez, par exemple, dans la Deuxième Satire à Arnesto, sur la noblesse dégénérée, le portrait du patricien ignorant, livré aux valets et vivant avec les toreros, les manolas, les picaros de toutes sortes, Sus dedos y sus labios Del humo del cigarro encallecidos, Indice de su crianza.

Nunca pasô Del be a ba. Nunca sus viajes Mas alla de Jetafe se extendieron Oye y dirâte Quién de Romero ô Costillares saca La muleta mejor, y quién mas limpio Hiere en la cruz al bruto jarameno Toute cette satire, de même que l'ode sur le lamentable état de l'Espagne de Godoy, sont d'un beau mouvement. Dans ces pièces la colère échauffe et aiguillonne un peu la Muse: Mais les inspirations ordinaires du poète sont la Raison et la Vertu. Jl aime à moraliser à la manière d'Horace.

Ce qui seul donne quelque intérêt à ces lieux communs, c'est que l'auteur, lorsqu'il les écri- vait, était lui-même malheureux, calomnié, emprisonné. A défaut du coup d'aile, la justesse, la noblesse des idées n'y manquent jamais. Ces mérites nous font pardonner, parfois même oublier, ce que ses vers ont souvent de pénible, de sec et de prosaïque. Jovellanos est certainement un médiocre versificateur. C'est en vain que le grammairien Salva, élevé sans doute à cette école, le cite volontiers parmi les maîtres de la langue; son style me paraît plein de gallicismes, de tours nouveaux, d'accords insolites, qui trahissent la fréquen- tation assidue d'auteurs étrangers.

Jovellanos est l'un des écri- vains espagnols dont la phrase se plie le mieux à la pensée fran- çaise, mais donne en même temps l'idée la moins favorable de la richesse de vocabulaire et de tours de la langue castillane. Au surplus, il ne se fait pas illusion sur le mérite de ses vers tout au moins: Alla van à tus manos Mis versos, oh Paulino, Mis versos mal limados, Mis versos bien sentidos. De afecto y verdad llenos Si de primor vacios.

Ce sont encore de très nobles paroles, attendries par une émo- tion vraie, que les variations sur V Impavidum ferient ruina, par lesquelles Jovellanos, emprisonné depuis sept ans à Bellver, char- mait sa captivité: Que el alto estruendo de la horrenda ruina Escucharâ impertérrita mi aima l. A Posidonio, Bellver, 8 août Mais, si l'on osait s'exprimer ainsi, c'est cette même raison qui coupe les ailes du poète, ou, plutôt, qui les empêche de pousser. Il n'a besoin de personne certes pour être vertueux: Il semble cepen- dant que, sans ce dernier, il ne saurait exprimer ses nobles sen- timents.

Il n'a pas la splendida bilis de Juvénal, son modèle, ou de Chénier, son contemporain. Si dans le poète nous retrouvons trop l'économiste, il n'est pas moins facile de reconnaître le législateur philosophe dans l'auteur dramatique. Ces ordon- nances avaient été renouvelées récemment par Charles III.

Pour les besoins de sa thèse et n'est-ce pas la grande objection contre ce genre de pièces? Jovellanos imagine une intrigue très roma- nesque, dans laquelle le beau rôle appartient naturellement au meurtrier involontaire du provocateur. Si l'on ajoute que ce meurtrier, Toreuato, épouse la veuve du mort, et qu'il se trouve être le fils naturel du juge D. Justo , forcé de l'envoyer à l'écha- faud, on devinera que ce n'est pas le pathétique qui manque à ce drame. Le juge D.

Justo, c'est Jovellanos lui-même. Il estime qu'une législation qui ne serait faite que pour des philosophes serait inapplicable: Il est assez piquant d'ailleurs de voir un magistrat plaider pour l'équité véri- table contre la loi écrite. Le juste ne doit pas se soucier des préjugés vulgaires, mais, par malheur, la solidité de cette maxime échappe à la foule. Chez un peuple de philosophes, la loi qui punirait sévèrement celui qui accepte une provocation serait excellente, car à leurs yeux ce serait un crime.

Mais dans un pays où l'édu- cation, le climat, les coutumes, le caractère national, la consti- tution elle-même inspirent à la noblesse ces sentiments fougueux et jaloux que l'on nomme le point d'honneur, dans un pays où le plus honoré est le moins patient, dans un pays où la sagesse se nomme lâcheté, et la modération pusillanimité, sera-t-elle juste cette loi que seuls pourront respecter les saints ou les lâches?

Il n'en trou- vera pas davantage, lorsque, dans ce même Mémoire, il parlera des Courses de taureaux. Il s'appuiera maintenant sur la raison pour proscrire le divertissement national par excellence. Et soutenir que l'interdiction de tels diver- tissements, interdiction qui peut amener d'heureux résultats, cau- serait quelque perte réelle à la nation, au point de vue de la morale ou d'une juste police, c'est certainement une illusion, un préjugé, une folie '. Cette pièce, représentée avec un grand succès en , fut l'une des premières apparitions sur la scène espagnole du drame sentimental importé de France.

L'auteur reconnaît de bonne grâce qu'il n'a pas inventé ce genre, mais il semble fier de l'avoir introduit dans son pays. Pour achever par un dernier trait cette figure si complexe de Jovellanos, il faudrait, après le politique, l'économiste, le poète, l'auteur dramatique, étudier le critique d'art, montrer qu'il a senti et analysé les beautés artistiques mieux que la plupart de ses contemporains, et qu'il a, l'un des premiers, introduit dans la littérature espagnole un sentiment assez rare jusque-là.

Fortunato de Selgas et Menéndez Pelayo ' ont très bien mis en lumière ce côté intéressant de l'activité intellectuelle de Jovel- lanos. La tâche était d'ailleurs rendue facile par le grand nombre de discours ou d'écrits de notre auteur, relatifs aux Beaux-Arts. Ce qui caractérise surtout Jovellanos critique d'art, c'est l'in- dépendance relative de ses idées, moins assujetties aux tradi- tions strictement classiques qu'en matière littéraire.

Malgré cer- taines précautions oratoires, qu'il est parfois obligé de prendre, surtout dans ses discours officiels, il n'est pas dupe des conven- tions académiques ni des théories étroites qui avaient cours parmi les admirateurs de Mengs, ni A plus forte raison des fan- taisies extravagantes de Churriguera.

Son culte sincère pour Velâzquez, Murillo et les grands maîtres de l'Ecole nationale lui montrait clairement la fragilité de ces théories et le formalisme creux de ces conventions. Aussi a-t-il semé ses écrits spéciaux de pensées où l'on sent des aspirations nouvelles, contenues encore par la tradition et par l'idéalisme classiques. Cherchez-les dans la nature. Menéndez Pelayo, Iclcas esteticas, t. III, vol. II, p. Joveïïano considerado cotno crltico de Artcs, in Rcv. MÉRIMÉE cause plus d'admiration, dit-il encore, la peinture naturaliste cause plus de plaisir; et d'ailleurs l'admiration que la première excite est le privilège d'un groupe restreint, tandis que le plaisir que la seconde provoque est ressenti par la grande majorité, sinon par la totalité des hommes.

Quel peintre eut jamais un coloris plus juste, un clair-obscur plus vigoureux, une expression plus simple, des types plus variés, plus vrais, plus profondément étudiés? Qui a traité avec plus de vigueur les lumières et les ombres? Qui a su exprimer plus vivement les misères de l'humanité, affaiblie par la vieillesse, épuisée par les macérations, pantelante et moribonde dans l'agonie et les tortures?

Sous prétexte de poursuivre la beauté parfaite et absolue, on négligeait l'étude scrupuleuse de la nature, comme si l'art pouvait vivre d'abstractions. Aussi ce dernier s'affadissait, se i. Déjà cites par McnOndez Pelayo, op. Ce fut le mérite de Jovellanos. De même, comprendre et expliquer, avant Chateaubriand, avant Victor Hugo, le genre de beauté spécial de l'architecture gothique, n'était point encore devenu une idée banale.

Jovellanos, chez qui l'idée pure trouvait rarement une forme véritablement poétique, a été poète cette fois, c'est-à-dire créateur. De là à en faire un précurseur du romantisme, il y a i. Description de Bellver, Bibl. En résumé, si Jovellanos n'est ni un très grand écrivain, ni un poète supérieur, ni un moraliste ou un économiste dont les idées aient laissé une trace bien profonde, il a, dans presque toutes les voies ouvertes à l'activité de l'esprit humain, devancé ses compa- triotes.

Mais, en même temps, — et c'est le trait saillant de sa physionomie, — tout en indiquant des routes nouvelles, où d'autres iront plus loin que lui, il a deviné les écueils, signalé les périls, donné quelques conseils qui auraient pu épargner bien des erreurs et éviter bien des retours en arrière.

Quintana, très digne, il est vrai, de comprendre Jovellanos, a résumé en une phrase cette noble et féconde existence. Les strophes 51, 52 et 53 font allusion à des événe- ments des années , et La lecture de cette poésie est fort pénible ; les feuil- lets sont rongés par endroits. Certains mots sont complètement inintelligibles; néan- moins, je n'ai écrit en italique que ceux dont la lecture pouvait présenter quelque doute. Diegarias, contador mayor de los Reyes Catôlicos, casô un hijo ô sobrino con una parienta del cardenal don Pero Gonçalez de Mendoça. Conbidô para Segobia todos sus deudos: Sentido délia, celebrô la boda con ese epitala- mio.

Leyéndole la reyna dona Ysavel, dijo que bien parescia ladron de casa. Entre Vos, hermano, y yo, 6. Dad aca con vendiçion, 7. Pues luego si Vos quisierdes, 8. Unas acelguillas llevo ; ya hablallo he con mi hermana si esgradare del mançevo yo os responderé manana. Si esgradare, me decis, duelo bino en don Abrahan para el Dio siete letran con seys mill maravedis. Dolor he de Alvendalon floxo xende Alvendama solo en botas y jubon farre aca, farre aculla.

Con el deseo quel toma de aquel frito de sarten badeando agua daten en un charco se nenfoga. Yolvamos a nuestro hecho es un mançevo sin mal de muy honrado cahctl arrendador de cohecho. Sobrino de Avençavoca negro nieto de Confrel guarde el Dio callad la boca, negro sea quien mal le quier. Barravas son aparceros y que tienda y que caudal los mejores recepteros que hay ahora de su ygual.

Juan Gonçalez nuestros deudos estos que viviendo mueren cuerdos son y aun no los quieren cuanto mas locos o beudos. Quando os vieredes en sala entre los nobles barones asentaos, que Dios os vala, que dizen en hora mala: Ajuar quier que le den lo ques da a un confesohonnrado su cedaço y su sarten y su caldcra tanbien para guisar jamilado. Porque un malo Pormalvar dixo que comiô tocino y no vcays mas pesar que él lo oliô ni viô el mezquino, Hanme dicho que se trata con la hija de Çorrillo pues porque se desvarata porquesverguença deçillo.

Una malvada vezina a su casa a verla vino vido un poco de ceçina levante que era tocino. Jurô al Dio non lo faria fasta apurar esta fama y aun por vida del Aljama ques una grande falsia. Que persona tan aguda que no tiene de seso onça si supies cual es Aldonça él la tomaria desnuda. Vivame cual es Aldonça si es hermosa, yo lo se, que pareçe en su almenen hija de los deMendoça.

Bonita y de buen aseo blanca como un alcanfor con que gracia v con que aseo jura ansi: Guayas de blanca y de flor v de sus negros maçales guayas de Clara ' Gonçalez guayas que harâ mayor. Vereys que dos javatillas ; guardeos Dios de tal pililla! Dans le mss. Aldonça que vos vivays y viva nuestro senor l por cual razon lo Jejays o porque ya no os casays como lo manda el Criador?

Un exemplo oy contar j parayso liaya mi madré! Por el Dio quehegran dolor como de las hijas mias de vos y de vuestro honor que chica, grande, y mayor se os van en balde los dias.

Alors quelle(s) ile(s) visiter pendant un road trip au Mexique dans la péninsule du Yucatán?

Délias veays placer bueno j hdgalas Dios maridadas! No fueron taies mis hadas que venga en miente a mi padre que mis yguales casadas tienen ya hijas prenadas j asi el Dio os guarde, compadre! Quitaos esas gramavas y serbinos de altamias que ansi me andava yo en sayas quando era de vuestros dias. Y tomad esa altamia y llevadsela a la no via y decid que se la envia su tia que vien de Segovia. Hu que guesmo y que guisado nuncas mançilla en su cara siempre los del almanjara hazen esto jamilado.

Daca mas almocarrado por vida de Juan Gonçalez daca hinche esos briales de la miel de las atacas. Que tardanças, que paranças en fretir siete bunuelos moços, moças, diablos duelos vino para harba dan cas. Venga ya el armin tostado y el toston frito en sarten y a vos le dexo acabado y es muy contento y pagado que el Dio le ha quesido bien. En la boda desta aljama no se comiô peliagudo ni pescado sin escama con quanto el marido pudo ; Casamiento que hecistes bueno tal sea vuestra vida veys aqui Aldonça parida despues que la bendijistes.

Un fijuelo llorador luengo como un filisteo que en el duysca si non creo que ha de ser arrendador. Asi era su padre agudo con unas gramayas rotas que por atacar las botas al alvor saliô desnudo. Desganavas sobre un figo negro arrendador de çiençia que jamas hizo avenençia sin gallina, queso, o trigo. Por el lodo quel cubriô que es hoy viernes quel saba quiso sorber al abba solo porquel guisopo. Es un huerco baratero que vende iongos y salsa del lodo haze dineros vende jerapliega falsa. Saveys que hacia el mançel al escreuir lo pagado echava queso rallado par aflecho en el papel, Yo le vi a Manuel y a el por el siglo quesperamos vender vadeas entramos a las puertas de Xocrel.

Y despues por nuestra ley aun no pasô un aiïo entero yo le vi a tienda de Rey con criraya despeçiero. Yol vi el aiïo de setenta trafagando y con que acucias arrendador de minuçias sobre si toda la renta. Y aun el bien aventurado No direis Aldonça en que ano si dire ansi vivays vos ano de setenta y dos cuando feçimos los dos al del garico el engaiïo Miembraseos de la merienda de alla del soto del lobo quando travaron contienda Manuel y el hijo del Hobo.

Quiça se me accordara quando el hebre de Alcalâ se travô de los cabellos ; i que negros tiempos aquellos Y la negra sabrosia de la Roscadeça maya mientra el otro en la porfia nos comimos la alcalaya. Ques de aquellas corunbias de en cas de nuestras agùelas aquellas alcominias el placer las donosias aquel hervir de caçuelas. Y de aquel negro atayfor de Pero Lopez Momen. Bendicto nuestro senor que vive por siempre. Manuscrite en 4. Comprende este legajo composiciones de diferentes poetas modernos: Tomas de Iriarte, D.

Juan Meléndez Valdés y D. Leandro Fernandez Moratin. La mayor parte son inéditas y dificilmente venin la luz pùblica por ser dema- siado obscenas. Cette liasse de manuscrits m'appartient depuis peu. La lecture attentive de ces poésies m'a convaincu de l'injustice du jugement de Salvd: J'ai eu le plaisir de trouver, parmi les pièces qui composent ce recueil factice, une série de 23 odes de Meléndez Valdés, formant un cahier de 42 pages x millim.

Le premier feuillet porte au recto l'inscription suivante: Malgré ce titre explicite, placé là comme pour dérouter le lecteur, ces odes ne sont pas la traduction des Basia de Jean Second. A l'inverse du poète silésien Gùnther qui ne sut pas être décent dans sa traduction des Baisers de Jean Second, Meléndez Valdés s'y révèle comme le plus chaste des chantres delà volupté. Sans avoir de données sur l'époque de la composition de ce petit poème, j'incline à croire que le poète espagnol l'écrivit dans ses jeunes années. Jean Second n'avait pas vingt-cinq ans quand il mourut ; c'était peut-être l'âge de Meléndez quand il s'inspira de son célèbre devancier.

L'un et l'autre auraient pu donner pour épigraphe à leurs poésies ce vers de Mimnerme: Vf poo;T7]ç ; R. Entonces j ay! Yo enamorado y ciego te dire Palomita, y tu con voz blandita me diras: Pichon mio, y quando en el exceso de mi furor te diga dame, Paloma, un beso, tu a mi cuello enredados los dos brazos, amiga, mil y mil delicados y otros mil bas de darme, y vibrando de prisa la lengùita al besarme, me herirâs de un muerdito, diciéndome: Asi, Nisa, juguemos, asi mientras floridos ambos gozar podemos de Venus la dulzura. Ni en vano huyan perdidos nuestros tiempos mejores, que ya con mil dolores la vejez se apresura y en llegando, mi vida, la fuerza ya perdida ay me!

La bella Nisa oyôme, riôse, y al momento con su nevada mano ciiîô mi amante cuello y un beso tan lascivo con rostro tan risueho me diô, quai nunca a Marte dar pudo el aima Venus, diciéndome: Mas, ay! I Si dan Ceres y Baco sus dones à" la tierra, las cubas y los troxes contando, los hinchieran? I Si llueve el almo Jove las gotas con que riega los âridos sembrados, contadas, que sirvieran? Pues; ay! I Si es que contarlas puedes tus dulces besos cuenta ; sino, jucunda Nisa, sin numéro me besa.

ODA 9a Quando en tus dulces labios descanso, mi seiïora, chupando de tu aliento las flores olorosas, por uno de los Dioses que en el Olimpo moran me tengo y mas si aun cabe ventura mas gloriosa. Mas luego que te apartas, yo el que por Dios ahora me tuve, y mas si aun hubo mayor alguna cosa, dcl Orco ya me siento ay! Empero si algun otro aun le excède en alteza, tu sola mayor ères que el Amor, Nisa bella. Ay ingrata! Ay esquiva! Pues ay! I Hacerme, Nisa, quieres feliz? Ya me da que ver pueda tus lascivos ojuelos y tu boca que a mil besos provoca, y gozar no me veda tuspechos y tu seno, dulce miel, dulce mal, dulce veneno.

A la Diosa de Gnido ante el ara postrado tu zona dedicdra, y un par de palomitas consagrdra. Entonces tus ojuelos ardieran en mirdndome, alternando tu labienzuelo blando entre amantes anhelos, el muerdo y la saliva y el beso burlador que el aima priva.


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O con voz amorosa el queridito mio, aprisa, aprisa entre lasciva risa al andar deliciosa por tu vientre nevado mi mano, otro besito regalado. Que alliamor nos moviera mezcldndose de entr. Mas al punto excitando mil amorosas burlas y caricias, para nuevas delicias nos fuéramos probando, y entre lascivos juegos nos inspira amor deleites nuevos. Con esta dulce vida recompensa Amarilis los dolores que causan tus rigores y olvido, y fé perdida, y premio de ambos sea la amiga posesion que amor desea: ODA 13a O noche deliciosa!

O afortunado lecho! O Amarilida hermosa! Pensando en mi amor ciego los venideros ratos concertados y aquel lascivo juego con tus pechos ncvados, y mil sabrosos besos d hurto d'ados, quando en tiernos abrazos d tu cdndido cuello asido estaba quai la vid con mil lazos, v tu boca sonaba con los ardientes besos que me daba. Qucdéme ayer dormido i o nunca despertara d mds dolores! MOR 79 Ay! Mas yo de amor perdido, ya tus ayes, donosa, me aplacaban, va de tu ardor movido las ropas te quitaba y toda de mis besos te anegaba. Ya las tetas mostrabas redonduelas y cdndidas quai nieve, y ya las ocultabas porque de nuevo pruebe mi mano d hallarlas, y en su ardor se [cebe.

Mas quando amor instiga al dulce ayuntamiento apetecido y en sabrosa fatiga me falta ya el sentido, de un éxtasis dulcïsimo impedido, tû con lasciva mano tocdndome proterva, a nueva vida del sueno soberano me tornas at revida. Asi se dobla el fuego y los halagos crecen al sonido del alternado ruego respondiendo d un quejido el muerdito en el beso confundido. Y entre el murmullo lento el anima parece en suspirando salirse entre el aliento, que nos va faltando para tantos deleites no bastando.

Engdnase el que intenta poner término d amor y sus furores, porque él sabe sin cuenta mil deleites y ardores, y mil modos de abrazos y favores. Yea de sus ojuelos el lascivo mirar y oiga el sonido de sus blandos anhelos, quando a compas movido mi muslo suene, d su muslo unido. Y la vista derrame por su nevado vientre y por sus lados, v tanto amor me inflame que en lazos duplicados mil veces nos gozenlos ayuntados, saciândose mis ojos en quanto el hado crudo asi lo ordena pues los fieros cerrojos la muerte al lado suena del Orco do tan presto nos condena.

Por esto, gloria mia, la verdad de mi sueno no tardemos, y en ardiente porfia, ahora que podemos, los dulces gustos del amor gozemos. Pero av! Modo hay en los placeres y aquél que mas deleita bien presto repetido ya el aima lo de sécha, y asi si te pidiere nueve besos, tû déjà dos solamente y grita los siete de la cuenta ; y ni hûmedos ni luengos procura bien que sean, quai darlos suele al padre la cândida doncella: Pues para perdonarte me debes dar setenta, v aun entre tiernos lazos te he de tener sujeta hasta que por tus gracias me jures que deseas por otro tal delito llevar la misma pena.

ODA 17a Mis ojos à los labios, si à te besar me llego, luego envidian, ni pueden carecer de tu aspecto, y si en tu dulce vista los ojos saciar quiero, mis labios envidiosos me lo resisten luego, porque el candor nevado, de tu purpûreo pecho los atrae y provoca como el iman al hierro. Filis, si llegar osa no es muerte sino vida. ODA 19' Paloma amorosa basta no te quejes que va de tus brazos, colgado me tienes ; ya mi dulce boca de la tuya bebe tu aliento mas dulce que las dulces mieles; mi lengua vacila mi pecho se enciende, i Ay que desfallezco! Bien mio, sostenme ' sostenme, v tus brazos màs y mas me estrechen, y ni tu ardor pare ni tus besos cesen ; i Que dulce muerdito con lascivo diente me bas dado!

I que es esto? I Que es esto, amor mio? I me abrazas, y gimes? I que No temas ; advierte que va delicioso mi amor te sostiene, reposa en mis brazos v tu ardor se temple, mas no de mi cuello los tuyos descuelgues, y déjà â mis labios que el aima alimenten en los albos pechos y en ellos se ceben ; ni tû de cansada mil besos me niegues que activos de nuevo mis Hamas alienten, porque alli, bien mio, en blandos placeres tan dulces desmayos gozeraos mil veces.

Cesemos, cesemos, y alla te retira, que el aima fallece con tanta delicia. V con proterva planta diôligera a correr v esconderse, porque lasciva espéra poder en las tinieblas guarecerse ; emperoquan envano! Ya, ya, segunda vez te tengo asida ,; de que tiemblas en vano? Ay mi vida! Le Cannet — Mulhouse , , St Raphael — Nantes , , , , RC Cannes — Terville Florange , , Venelles — Evreux , , , Vandoeuvre Nancy — Quimper , , , , Raphaël , , Terville Florange — Quimper , , , Venelles — Vandoeuvre Nancy , , , , Beziers — Mulhouse , , , RC Cannes — Le Cannet , , , Raphael — Quimper , , Nantes — Beziers , , , , Le Cannet — Evreux , , Vandoeuvre Nancy — Mulhouse , , Venelles — RC Cannes , , Argentinos por el Mundo.

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